















Comme les français aiment la bagnole , les Japonais aiment le vélo. Ils font du vélo sur les trottroirs, c'est moins dangereux (pour les cyclistes). Les japonais ont des vélos de filles dépourvus de cette barre horizontale qui chez nous fait l'homme. Ils savent faire du vélo en tenant un parapluie ouvert comme Mary Poppins. Quand ils sont fatigués de pédaler, ils garent leur vélo sur un trottoir et l'y oublient. Cela donne de jolies accumulations, vite rouillées.
Si l'on vole beaucoup de vélos, c'est parce que vélo est l'anagramme de volé, (pas en japonais, entendons-nous). Quand un vélo vous fonce dessus, il faut dire sumimasen et non pas "va donc he connard" (d'ailleurs impossible en japonais).
Sur tout vélo japonais, il y a une place assise et un place debout (de loin la plus recherchée). Le vélo peut prendre l'ascenseur, mais non l'inverse.
La chanson "à Paris, à vélo, on dépasse les autos" est assez transposable au Japon.
Pourtant les Japonais ne la chantent pas à tue-tête en allant au travail.
Le vélo est, après le cheval, la plus noble conquête de l'homme. Il est donc le stade régressif de la chevalerie. Chaque cycliste est un samuraï qui s'ignore.
Baikou, mot japonais signifiant "vélo".
Extrait du livre "Le kimono décousu" de Jean Pinquié.